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Portrait

Nelson MANDELA « Après avoir gravi une haute colline, on découvre qu'il en reste beaucoup d'autres à gravir »

Publié le 30 Jan 2009

Prisonnier politique le plus connu du monde, Nelson Mandela aurait pu rester dans l’histoire  le combattant pour l’égalité des droits le plus respecté d’Afrique. À plus de 90 ans pourtant, le militant continue la lutte. « J'ai découvert ce secret : après avoir gravi une haute colline, tout ce que l'on découvre, c'est qu'il en reste beaucoup d'autres à gravir. » Sa nouvelle colline : la lutte contre le sida.




Né en 1918, Nelson Mandela, fils d'une famille royale africaine, est le premier de sa famille à suivre une scolarité. C'est un professeur méthodiste qui, à la mort de son père, prend en charge son éducation. En 1934, Mandela s'inscrit au Collège Wesleyan avant de poursuivre ses études de droit à Fort Hare. Très attaché à ses origines bantoues, Mandela n’a jamais caché que sa culture était « celle des Blancs », selon ses termes.
Une influence qui ne l’empêche pas, dès 1942, de rejoindre le Congrès national africain (ANC) afin de lutter contre la domination politique de la minorité blanche. Lorsqu’en 1948 l'Apartheid est mise en place, l’ANC entre en résistance. Après les massacres de Sharpeville en 1960 (79 morts), Mandela décide, comme le reste de l’ANC, d’abandonner sa stratégie non violente et prône l'action armée. « La violence du peuple africain était devenue inévitable. Nous pouvions opter pour le sabotage, la guérilla, le terrorisme ou la révolution. Nous avons choisi d'adopter la première méthode. »

Moins de trois ans plus tard, Mandela est inculpé pour sabotage, trahison et complot. En 1964, il est condamné à la prison à vie, avec sept camarades, après avoir déclaré : « Je ne me considère ni légalement ni moralement obligé d'obéir à des lois faites par un parlement dans lequel je ne suis pas représenté. » Jamais il ne cède au désespoir, ni ne perd sa lucidité. En prison, il médite : « Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l'étroitesse d'esprit. L'opprimé et l'oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité. » Pendant vingt-sept ans durant, on lui propose d'être libéré en échange de son renoncement à la lutte armée, ce qu’il refusera toujours. Face à une pression internationale et à l’isolement grandissant du pays, le président De Klerk décide, en 1990, de libérer l’infatigable militant.

À sa libération, le 11 février 1990, Mandela est sollicité pour mettre en place un régime de transition. Trois ans plus tard, il se voit, avec De Klerk, décerner le prix Nobel de la paix. Élu président en avril 1994, Mandela préside le premier gouvernement non racial du pays. Une commission « Vérité et réconciliation » est créée pour entendre les exactions et crimes commis sous l'Apartheid. Il s'agit de confronter le passé afin de tourner la page et non de juger les coupables. « Pour ceux qui, comme moi, ont fait de la prison et qui désirent transformer la société, le pardon est naturel car nous n’avons pas le temps d’être dans la vengeance. Nous voulons mobiliser le plus grand nombre autour de notre cause et changer la vie de nos concitoyens. »



Comme il l’avait promis, Mandela n'est pas candidat à un second mandat et quitte officiellement la vie politique. Il n’en perd pas pour autant sa liberté de ton. En janvier 2003, il s'oppose ainsi fermement à l'attaque des États-Unis et du Royaume-Uni contre l'Irak. Mais son véritable combat réside ailleurs, dans la lutte contre le sida. Face à un pays ravagé par la pandémie, Mandela s’engage, par le biais de sa fondation, dans toutes les campagnes luttant contre la stigmatisation des séropositifs. Le 6 janvier 2005, il choisit d’annoncer publiquement le décès de son fils des suites du sida, espérant ainsi briser le tabou qui entoure la maladie dans son pays. « Si nous écartons les personnes qui vivent avec le VIH/sida, nous ne pouvons plus nous appeler des êtres humains », rappelait-il encore récemment.

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