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Portrait

B.B. King « Si chaque jour, je n’apprends pas quelque chose, c’est une journée perdue »

Publié le 30 Sep 2010

B. KAGAN

Il est l’une des très rares personnes à donner de son vivant son nom à une rue. La ville de Cognac, où il s’est produit en 2009, à 84 ans, dans le cadre du festival Blues Passions, a donné à l’une de ses rues le nom de B.B. King. Et pour cause : roi de longévité, B.B. King est aussi le roi du blues !



B.B. King, de son vrai nom Riley B. King, est né le 16 septembre 1925, dans le Mississippi, de parents fermiers. Il tombe amoureux de la musique et de la guitare très jeune à la messe. À 16 ans, il s’offre, avec son premier salaire provenant des champs de coton, sa première guitare. À l’époque, Riley chante déjà dans des groupes de gospel, mais donne sa préférence au blues, qu’il joue au coin des rues et dont il pense pouvoir tirer profit plus aisément.

En 1946, il décide de se rendre à Memphis et connaît un rapide succès après avoir joué une de ses chansons à la radio. Il joue ensuite pour un spot publicitaire et le public est au rendez-vous, la radio le promeut alors DJ. Il devient « Blues Boy King », B.B. King. Grâce à sa popularité, il enregistre ses premiers disques en 1949 et reçoit la reconnaissance nationale en 1952, ce qui lui permettra de signer avec Universal Artists. Mais sa couleur de peau le peine à se forger un large public : « Être bluesman, c’est être deux fois noir », souligne-t-il.

En 1969, avec The Thrill Is Gone, il s’impose comme un artiste majeur quel que soit le genre musical. Il devient alors une véritable célébrité aux États-Unis, et partout ailleurs. B.B. King touche toutes les générations : il tourne avec les Rolling Stones, Ike et Tina Turner, enregistre avec le groupe U2 en 1988, et avec Éric Clapton en 2000. Il apparaît 74 fois au Billboard Music Charts et obtient de nombreux Grammy Awards. En 1990, il reçoit la « Presidential Medal of the Arts » de la main du président Bush. Et, en 2003, il est reconnu, par le magazine Rolling Stone, 3e meilleur guitariste de tous les temps.



Roi du blues incontestable, B.B. King garde pourtant une modestie intacte. « Si chaque jour, je n’apprends pas quelque chose, c’est une journée perdue. Je pense ainsi maintenant, car les jours me sont comptés. » Et lorsqu’on le compare aux plus grands, il répond qu’il est encore bien loin de leur niveau et doit encore apprendre. Une modestie poussant à la persévérance… Le bluesman est un monstre de travail : il y a encore peu de temps, il était sur la route 300 jours par an ! « J’en suis fier, même si je sais que j’aurais pu faire mieux. Mais peut-être n’est-il pas trop tard pour essayer ? », explique t-il.

Sur son site internet officiel, une liste de pas moins de 40 concerts, enregistrés entre avril et novembre 2010, se tient à la disposition des fans invétérés, même si sa tournée d’adieux date de 2006. À presque 85 ans, B.B. King ne tient pas à s’arrêter là. Son bus et les scènes, où il reste même seul à chanter après les concerts, sont les endroits où il se sent le mieux. « J’ai peut-être perdu le frisson pour beaucoup de choses, mais pas pour le blues ». Lorsqu’en 2006, un journaliste lui demande s’il s’agit de sa dernière tournée d’adieux, le bluesman a répondu : « Un de mes acteurs préférés est écossais, il s’appelle Sean Connery. La plupart d’entre vous le connaissent dans son rôle de James Bond. Et l’un de ses films s’appelle Never Say Never Again. »

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