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Portrait

Clint EASTWOOD - Avec l’âge, c’est inévitable, je passe plus de temps derrière la caméra

Publié le 1 Avr 2012

Bérénice KAGAN

L’acteur est un « monstre » à Hollywood, à tel point qu’il semble impossible de ne pas connaître son nom ou de ne pouvoir y associer un visage, une prestance et/ou une carrière. Et pour cause… Clint Eastwood est tellement actif qu’on en oublierait volontiers ses 82 ans.
 

S’il semble pris dans un combat méthodique contre les rides, il est nécessaire de préciser que ce natif de San Francisco, aux lointaines origines irlandaises, a depuis bien longtemps commencé à penser à son âge avançant. Déjà en 2000, il réalisait Space Cowboys, long métrage dans lequel il campe le rôle d’un ingénieur, ancien chef d’une équipe de pilotes de l’armée de l’air depuis longtemps à la retraite et rappelé par la Nasa pour aller réparer un satellite soviétique défectueux qui, depuis l’espace, menace la Terre. Si le pitch avait tout du film d’action à gros budget, il questionnait avant tout les limites physiques du corps vieillissant, et montrait un Clint bien décidé à se battre contre les signes naissants de l’âge…
 
Incarnant souvent le héros typiquement américain, c’est à sa silhouette longiligne et quelque peu figée que Clint Eastwood doit sa carrière. D’ailleurs, si ce mythique cowboy obtient son premier grand succès dans la trilogie de Sergio Leone, c’est avec les rôles politiques que celui-ci gagne ses lettres de noblesse. La politique s’est aussi fait une place de choix dans sa vie, puisque Clint Eastwood, souvent engagé dans le camp républicain, a fait partie du gouvernement d’Eisenhower, puis de Nixon et a été maire de Carmel, en Californie. Son amour de l’Amérique se ressent jusque dans son rapport à la musique, puisqu’en lui sommeille un véritable fan de jazz qui devient même producteur de disques : de Cowboy Favorites en 1959 à la fondation de son propre label, Malpaso Records, en 1995 ou à la réalisation de Bird, qui retrace la carrière du saxophoniste Charlie Parker.

 
Devant ou derrière la caméra, on ne compte plus les films où Clint Eastwood a distillé ses soixante années de carrière, ni les récompenses collectionnées pour des films qui restent plus les uns que les autres ancrés dans les mémoires.
 
« Avec l’âge, c’est inévitable, je passe plus de temps derrière la caméra ». Et pourtant, Clint Eastwood joue encore et affirme être toujours ambitieux. Dans Gran Torino, en 2008, la question de la vieillesse est abordée frontalement sous les yeux d’un vieil homme patriote, caractéristique du « grognon », abandonné par sa famille et refusant la sénilité comme les aides qui lui sont proposées. Si cette interprétation du courage vertueux face à la mort se pose en réflexion, Clint Eastwood annonçait alors, à 78 ans, qu’il livrait sa dernière prestation d’acteur.
 
Malgré tout, Clint Eastwood se situe loin de la retraite comme des clichés d’une vie paisible.
Aussi racontait-il récemment : « Cela va faire bientôt soixante ans que je suis dans le métier ! Que ferais-je d’autre ? J’aime jouer au golf, mais je ne veux pas jouer tous les jours avec les mêmes trois copains ! Il y a mieux à faire dans la vie. »
 

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